mardi 31 mars 2009

Réunion de concertation sur le temps scolaire

Les réunions de concertation annoncées par la ville de Lille ont débuté ce soir par celle de la mairie de quartier Saint-Maurice Pellevoisin.

Déborah, Bruno, Mme Haidon, moi même et un ou deux autres parents de l'école étions présents. Les autres écoles du quartier étaient également représentées : directeurs, enseignants, parents d'élève, la salle était comble.

La mairie a mis à disposition un numéro spécial d'Education Actualités (je l'ai scanné et l'enverrai aux parents des dondaines ainsi qu'à toute personne qui en fait la demande, et ajouterai le lien dès qu'il existe).

Après une brève présentation des représentants de la mairie qui animent le débat, nous avons visionné un interview de Philippe Meirieu (cf. messages précédents) sur le temps scolaire. Il a fait ressortir 4 points, brièvement résumés ci-après :
  1. L'apprentissage : certains moments de la journée sont plus favorables à la concentration et à l'apprentissage. Tout particulièrement la première partie de la matinée, mais encore faut-il que l'enfant bénéficie d'un accueil et d'une prise en charge adaptés. La seconde partie de l'après-midi est également favorable à l'apprentissage mais l'enfant à alors besoin d'être actif et d'agir pour s'approprier les savoirs. Néanmoins la période d'apprentissage est efficace à tout moment à condition que l'enfant ne soit pas fatigué.
  2. La gestion de la semaine scolaire : il faut éviter les cassures, la plus importante étant le week-end, pour cela il faut faire bénéficier à l'enfant d'activités diverses, aussi bien sportives que culturelles. Le sport, les jeux, le partage des connaissances (parler tout simplement !), les activités culturelles, tout est bon à l'éveil de l'enfant et à l'atténuation de cette cassure. La télévision peut également être un outil très utile mais à condition qu'elle soit regardée dans certaines conditions : l'adulte doit choisir le programme avant, le regarder avec l'enfant et en discuter avec lui ensuite. Trop regardée et/ou n'importe comment, la télévision devient un handicap.
  3. L'année scolaire : Elle est très mal équilibrée. Les journées sont trop longues et il y a trop peu de journées dans l'année en définitive. La cassure que représente les vacances doit être atténuée par des activités nombreuses et variées, sportives et intellectuelles.
  4. Un travail cohérent entre les adultes : il faut une cohérence entre les parents, les enseignants, les cadres éducatifs, les collectivités territoriales, les structures socio-éducatives, les associations... Le problème est d'y voir clair dans le rôle de chacun. Il faut arriver à une complémentarité harmonieuse des différents intervenants et ce sans jamais oublier de se placer du point de vue de l'enfant.

La parole a été laissée ensuite au public. Il serait trop long de revenir sur toutes les interventions, elles ont été nombreuses, parfois un peu agressives, parfois guère constructives, néanmoins le but était de parler d'un éventuel passage à la semaine des 4, 5 jours (parfois appelée également la semaine des 9 demies journées), de connaitre le pour et le contre, d'exprimer ses sentiments sur le sujet.

On peut déduire des interventions que la suppression du samedi n'a que rarement été appréciée d'un point de vue professionnel par les enseignants. Mais il aurait fallu une autre réunion pour déterminer si la raison en est la suppression du samedi ou la suppression de 3 heures d'enseignement. Ce qui n'est pas la même chose. Pour les parents, cette suppression est grandement appréciée : cela représente pour la majeure partie du temps libre à partager avec leurs enfants, une période également de repos réelle pour l'enfant. Pour certains, la maxime "plus souvent mais moins longtemps" serait la meilleure des choses pour les enfants (rigolades idiotes d'autres "et pourquoi pas le dimanche !"). D'autres se demandent en quoi les 3 heures enlevées le soir et remplacées par une demie-journée d'école supplémentaire le mercredi changeront quelque chose à l'échec scolaire. Une diminution des effectifs dans les classes et/ou la récupération des 3h de cours supprimés ne seraient-ils pas plus efficaces ?

Le coupure du mercredi : la coupure est une bonne chose selon certains car elle permet à l'enfant de décompresser en lui permettant de dormir un peu plus longtemps... cela n'est valable que pour ceux, chanceux ou non, qui ne vont pas au centre aéré le mercredi, car sinon il faut quand se lever à la même heure que les autres jours, mais pour des activités plus ludiques et/ou sportives qui permettent malgré tout à l'enfant de décompresser et de se dépenser. Et puis soyons réalistes : beaucoup de parents ont-ils réellement la chance de voir leur enfant se lever plus tard les mercredis ou week-end parce qu'il n'y a pas école ? Ne dit-on pas qu'il serait préférable que l'enfant (et même l'adulte) soit réglé comme un métronome : levé tous les matins à la même heure, couché tous les soirs à la même heure, quelque soit le jour de la semaine et même de l'année, avec 8h à 10h de sommeil selon l'âge ?

Les options à notre disposition : plusieurs personnes ont fait apparaitre qu'il n'y a que 2 options possibles, c'est à dire "école le mercredi" ou "pas école le mercredi". L'option "semaine de 4 jours et vacances d'été un peu moins longues" ne peut pas être envisagée car interdite par le décret 2008-463 relatif à l'organisation et au fonctionnement des écoles signé le 15 mai 2008. Ce décret ne laisse la possibilité aux écoles de moduler l'organisation hebdomadaire de travail, sous certaines conditions -pas d'école le samedi, pas plus de 6h quotidienne de cours- mais pas l'organisation annuelle. Un décret peu s'amender (depuis 1990 ce décret a été amendé 2 fois). Peut-serait-il nécessaire d'alerter nos députés qu'une troisième option est à creuser très sérieusement et qu'il serait bon d'envisager de faire un peu de tort à l'industrie du tourisme pour le bien et la réussite de nos enfants ?

Les activités péri-scolaires et leur coût : Avoir école le mercredi matin, tout en terminant plus tôt les autres jours de la semaine aurait un coût nul pour le porte monnaie des parents, selon la mairie... cela reste à prouver. En effet, si il y a classe le mercredi matin, il n'y aura plus besoin de payer la demie-journée d'espace éducatif. C'est vrai. Néanmoins cela ne compensera pas obligatoire le coup de l'espace éducatif (ou CAPE) le soir. Combien de parents encore pourront réussir à récupérer leur enfant à 15h30 au lieu de 16h30 et donc n'aura pas besoin de l'inscrire à l'espace éducatif ? le tarif du fameux ticket "matin ou soir" multiplié par 4 est-il vraiment moins élevé ou tout au moins pas plus élevé que le tarif du ticket "1/2 journée sans repas" ?
Il faut reconnaitre à la mairie sa volonté annoncée d'investir autant que nécessaire pour que les activités péri-scolaires (et les emplois qui vont avec) prennent correctement la relève des temps scolaires. Cela ne va pas être simple à gérer avec des centres ouverts le mercredi matin et d'autres non...

Le rythme à adopter : si une école adopte le mercredi matin, il lui faudra supprimer 45 minutes d'enseignement aux autres jours. Alors deux solutions existent : allonger la pause méridienne ou terminer plus tôt. Il n'a pas été défini à qui reviendrait cette décision au final. Est-ce que l'école sera réellement libre de ses choix en la matière, rien n'est moins certain. Ces deux solutions ont toutes les deux leurs avantages et leurs inconvénients. Allonger la pause méridienne nécessitent d'avoir des animateurs compétents pour 1H30 d'animation et non plus 30 minutes et donc des activités qui s'inscrivent dans la durée : il pourrait/devrait ainsi être envisagé des intervenants spécialisés et de qualités pour un cours de théâtre ou de peinture etc. L'autre soucis de l'allongement de la pause méridienne est qu'il n'y aura plus la possibilité pour les enseignants de faire du décloisenement, période très importante pour les enfants qui sont alors pris en charge avec de plus petits effectifs. Terminer à 15h30 implique une prise en charge par les animateurs des espaces éducatifs d'enfants pour des périodes pouvant aller jusqu'à 3h et donc aussi avoir des activités de qualités qui s'inscrivent dans une plus longue durée (cours de danse ou tout autre sport, chorale, théâtre...). Là aussi la qualité des intervenants sur le long terme fera toute la différence. Et il sera peut-être nécessaire d'envisager de remettre au goût du jour l'étude (ou aide aux devoirs), car se remettre à faire des devoirs à la maison quand on rentre à 18h30 ou plus tard, ça restera toujours un problème et là plus possible de dire le mardi soir "tu feras tes devoirs mercredi"...

Le rôle du Conseil d'école : lors du dernier conseil d'école (le 23 juin pour notre école), sera à l'ordre du jour la question de savoir si l'école souhaite avoir ou non classe le mercredi matin. Il y aura un vote (rappel : seuls les représentants élus et titulaires peuvent voter). La ville s'engage à respecter autant que faire ce peut la décision de l'école, néanmoins il faudra une certaine cohérence entre les écoles d'un même quartier. Par exemple dans notre cas : Dondaines-Dupleix et Cornette devront avoir les mêmes horaires, et ceux malgré qu'elles soient sur deux "territoires" différents (Saint-Maurice et Fives).

Voilà résumé, un peu tous les sujets abordés lors de cette réunion. Maintenant parlons en, commentons à tout va, exprimons nos idées, nos souhaits. N'hésitez pas à laisser des commentaires !

4 commentaires:

Deborah P. a dit…

Compliqué ce débat ! Nous nous trouvons dans une période de changement mais on a cette impression que toute décision est prise trop vite sans concertation donc on revient dessus. J'avoue que je ferais bien confiance à P. Merieu qui a étudié la question. Quelle est la meilleure solution pour nos petits bouts ?

Déborah Frédéric a dit…

Merci Delphine.
Grosso Modo l'idée de la réunion d'hier soir y est.
Je tiens néanmoins à nuancer un point: la suppression du samedi matin. Une seule maman s'est exprimée sur le sujet donc on ne peut pas dire que tous les parents apprécient qu'il n'y ait plus école le samedi matin. D'ailleurs si j'avais eu la parole à ce moment précis, je lui aurais répondu que moi je regrettais grandement qu'il n'y ait plus école durant cette matinée même si c'est celle qui débute le week-end car, justement, la coupure de fin de semaine était alors moins longue pour les élèves.
Il est difficile de généraliser tout ce qui a pu être dit car, les échanges étant limitant dans le temps, tout le monde n'a pas pu s'exprimer, tous les propos n'ont pas pu être commentés, ...
Je vous propose une chose: si vous en avez la possibilité, rendez-vous à la réunion du quartier de Fives ce samedi 4 avril à 10 heures...
Déborah

Stephanie B a dit…

Comment peut-on dire que cela aura un coût nul pour les familles!
Prenons notre cas: Notre fille est gardée le mercredi par sa grand mère gracieusement le mercredi. Si l'école a lieu le mercredi l'année prochaine, nous devrons mettre notre fille une journée de plus par semaine à la cantine et lui faire supporter une apres midi de centre aéré , donc un coût en plus. Chez mes parents, elle est libre. Ils ne pourront venir la chercher à 11h20 habitant loin!!!Autre solution employé une personne pour aller la chercher et l'occuper l'apres midi mais la aussi cela va avoir un coût!! Finir l'école plus tôt: ok mais qui va pouvoir aller chercher ses enfants à 15h30 (peu de monde) les CAPE vont être débordés et il va falloir former les animateurs ceux qui n'est pas le cas pour l'instant. Tout cela reste à réfléchir pour notre part

Delphine a dit…

Non non je n'ai pas dit que tous les parents étaient ravis de la suppression du samedi, j'ai dit que beaucoup ont apprécié le confort que ça apportait à la vie de famille !

Je vous invite à lire les articles de presse qui sont parus à la suite de cette réunion (et qui paraitront pour les suivantes... j'espère !), pour avoir d'autres sons de cloches.