mardi 7 juin 2011

Les vacances d'été pourraient être amputées de 15 jours

(article tiré du Figaro du 29/05/2011)  

Le comité de réflexion sur les rythmes scolaires avance ses premières pistes. Il estime l'organisation actuelle épuisante.
Les écoliers français pourraient avoir droit à des journées scolaires moins longues et à des vacances d'été raccourcies. Le comité de pilotage chargé par Luc Chatel de réfléchir à une réforme des rythmes scolaires, commence à laisser filtrer certaines pistes de réflexion même si le rapport final ne sera rendu public que fin juin. Le ministre de l'Éducation nationale tranchera alors. Aucune décision ne devrait voir le jour avant 2013-2014 car le calendrier des vacances est triennal.

«Nos pistes de travail sont aujourd'hui assez claires même si nous avons encore deux réunions pour finaliser le rapport», explique l'un des seize membres du comité. Il est notamment question d'allonger l'année scolaire de deux semaines, passant de 36 à 38 semaines. Les vacances d'été seraient alors réduites de quinze jours, selon l'agence spécialisée AEF. La majorité des interlocuteurs du comité s'est prononcée pour un tel raccourcissement, mais il ne fait pas l'unanimité. Notamment auprès des enseignants qui ne disposent pas de deux mois de vacances: une partie de cette période est consacrée aux corrections d'examen et à la préparation de l'année suivante. D'autres font valoir que l'absentéisme des enfants augmenterait en raison des fermetures estivales des entreprises ou des congés à l'étranger des familles issues de l'immigration. 

Le problème des ponts
Le comité avance aussi la solution d'un zonage. L'industrie du tourisme y est favorable. Selon ces professionnels, cette solution permettrait «moins de pression sur les tarifs de séjours», une «moindre pollution», «une amélioration de la sécurité routière». Parmi les arguments défavorables au zonage, le comité relève le cas des familles divorcées ou recomposées vivant dans des zones différentes. Le bac est également un obstacle puisque les oraux de cet examen courent jusqu'en juillet.
Pour rééquilibrer l'année, le comité prône une modification des «petites vacances». Il est envisagé d'allonger celles de la Toussaint de deux jours «pour que les enfants aient une vraie coupure lors du premier semestre». Les vacances de printemps pourraient en revanche être diminuées de trois jours. Principal point de blocage: les ponts du mois de mai qui provoquent autant de coupures de travail répétées mais inégales d'une année à l'autre. «Il est difficile de les intégrer dans nos projets d'organisation», reconnaît un membre du comité.
La réduction des vacances permettrait un allégement de la journée scolaire. L'horaire quotidien d'enseignement pourrait ainsi être plafonné à l'école et au collège, entre cinq et six heures. Un «temps d'accompagnement éducatif obligatoire» de deux heures, incluant l'aide aux devoirs, et sur le temps de service des enseignants, permettrait aux élèves de ne plus avoir de «travail à faire à la maison».
Que feront les parents, dont les enfants sortiraient plus tôt de l'école dans l'hypothèse de ces journées allégées? Le comité estime que c'est notamment au «périscolaire» de s'en occuper. Mais les collectivités locales qui subventionnent aujourd'hui ces associations risquent de ne pas être ravies. Sur ce point comme sur d'autres, les membres du comité ont du mal à trouver un consensus.
Concernant un autre point de friction, les membres du comité sont tombés d'accord pour considérer qu'il fallait mettre un terme à la semaine de quatre jours, source de «fatigue et d'échec» pour les élèves. La décision de travailler le mercredi matin ou le samedi matin, pendant trois heures, serait prise «au niveau local». Reste que cette possibilité qui existe déjà a jusqu'à présent conforté les écoles dans l'organisation de la semaine de quatre jours. «Rien n'est encore décidé et nous ne suivrons pas forcément toutes les propositions du comité», affirme-t-on au ministère.

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